Quand on parle d’organisation alimentaire, un chiffre revient souvent : environ 80 % des Français déclarent préparer une liste avant de faire leurs courses. Ce réflexe, en apparence banal, cache des réalités très différentes selon l’âge, le budget, la composition du foyer ou encore la région. Alors, que nous apprennent réellement les études et les enquêtes sur ce geste du quotidien ? J’ai épluché les données disponibles (INSEE, CREDOC, Kantar, IFOP, DGCCRF) pour dresser un panorama complet des statistiques liste de courses france.
Dans cet article
- Environ 80 % des Français utilisent une liste de courses, mais seulement 30 % s’y tiennent strictement
- Les foyers qui planifient leurs achats dépensent en moyenne 25 à 30 % de moins en courses alimentaires
- Le budget alimentaire moyen en France est de 385 € par mois pour un foyer selon l’INSEE (2024)
- Les applications de listes de courses concernent désormais 1 utilisateur sur 3, surtout chez les 25-44 ans
- Le gaspillage alimentaire recule de 40 % chez les foyers qui listent systématiquement leurs besoins
- Les femmes restent les principales rédactrices de la liste dans 67 % des ménages
Sommaire
- Combien de Français font une liste de courses ?
- Profil type du listeur français
- Impact de la liste sur le budget alimentaire
- Papier, téléphone, application : quel support en 2026 ?
- Liste de courses et gaspillage alimentaire
- Ce que les Français mettent vraiment sur leur liste
- Différences régionales et culturelles
- Évolution des pratiques depuis 2015
Combien de Français font une liste de courses ?
Le chiffre de 80 % est souvent cité, mais il mérite d’être nuancé. Selon une enquête IFOP réalisée en 2023 pour le compte de la grande distribution, 78 % des Français déclarent préparer une liste avant de se rendre en magasin. Ce taux grimpe à 84 % chez les familles avec enfants et descend à 65 % chez les personnes vivant seules.
Cependant, « faire une liste » ne signifie pas toujours la même chose. Le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) distingue trois comportements :
- Les listeurs stricts (environ 30 %) : ils notent tout, n’achètent rien d’autre, et considèrent la liste comme un outil de contrôle budgétaire
- Les listeurs souples (environ 40 %) : ils préparent une base, mais s’autorisent des ajouts en rayon selon les promotions ou les envies
- Les listeurs mentaux (environ 10 %) : ils ne notent rien sur papier ni sur écran, mais mémorisent mentalement leurs besoins
Les 20 % restants ? Ce sont les acheteurs impulsifs, qui se rendent en magasin sans plan précis. Une habitude qui coûte cher, comme nous le verrons plus bas. Si vous hésitez encore à franchir le pas, découvrez les 5 raisons de faire des listes de courses qui pourraient vous convaincre.

Profil type du listeur français
Qui se cache derrière ces statistiques ? Les données croisées du CREDOC et de Kantar permettent de dessiner un portrait robot assez précis.
Le genre : un écart qui persiste
Dans 67 % des ménages en couple, c’est la femme qui rédige la liste de courses, qu’elle fasse les courses seule ou non. Ce chiffre, stable depuis une décennie, reflète une réalité bien documentée par l’INSEE : la charge mentale domestique reste majoritairement féminine. Cela dit, chez les couples de moins de 35 ans, le partage progresse : 42 % des hommes déclarent participer activement à la planification des repas et des achats.
L’âge : les seniors en tête
Les plus de 60 ans sont les champions de la liste : 89 % d’entre eux en préparent une systématiquement. À l’inverse, les 18-24 ans ne sont que 58 % à le faire. Entre les deux, les 35-49 ans (souvent parents de jeunes enfants) affichent un taux de 83 %, poussés par la nécessité de gérer un budget familial serré.
Le revenu : un accélérateur paradoxal
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas uniquement les foyers modestes qui listent. Selon l’INSEE, les ménages dont le revenu disponible se situe entre 2 000 et 3 500 € par mois sont les plus assidus (85 %). Les foyers très aisés (plus de 5 000 €) font moins de listes (71 %), tandis que les foyers les plus précaires, bien que très attentifs aux prix, peinent parfois à planifier faute de visibilité sur leurs revenus.
| Catégorie | Taux de recours à la liste | Support privilégié |
|---|---|---|
| 18-24 ans | 58 % | Application mobile (62 %) |
| 25-34 ans | 74 % | Notes téléphone (48 %) |
| 35-49 ans | 83 % | Papier (44 %) / Appli (38 %) |
| 50-64 ans | 82 % | Papier (67 %) |
| 65 ans et plus | 89 % | Papier (81 %) |
| Familles avec enfants | 84 % | Papier (41 %) / Appli (40 %) |
| Personnes seules | 65 % | Notes téléphone (52 %) |
Quand on fait les courses en famille, la liste devient un vrai outil de coordination : chacun peut y ajouter ses besoins, ce qui évite les oublis et les doublons.
Impact de la liste sur le budget alimentaire
C’est peut-être la donnée la plus parlante. Selon une étude publiée par le Journal of Nutrition Education and Behavior (2017), corroborée par des données françaises du CREDOC, les foyers qui utilisent systématiquement une liste de courses dépensent 25 à 30 % de moins que les acheteurs sans liste.
Rapporté au budget alimentaire moyen des Français, cela représente une économie significative. L’INSEE estime le budget alimentaire mensuel moyen à 385 € par ménage en 2024 (hors restauration). Pour une famille de quatre personnes, ce chiffre monte à environ 650 €. Une économie de 25 % représente donc 160 € par mois, soit près de 1 900 € par an.
Comment expliquer un tel écart ? Trois mécanismes principaux :
- La réduction des achats impulsifs : sans liste, un consommateur ajoute en moyenne 8 à 12 articles non prévus par visite (étude Kantar Worldpanel)
- La diminution du gaspillage : on achète ce qu’on va réellement cuisiner, pas ce qui fait envie dans le rayon
- L’optimisation des promotions : avec une liste, on compare les prix avant d’entrer en magasin, pas en réaction aux têtes de gondole
Pour approfondir ce sujet, consultez nos 10 astuces pour dépenser moins aux courses sans rogner sur la qualité.
Papier, téléphone, application : quel support en 2026 ?
Le bon vieux bout de papier aimantée sur le réfrigérateur n’a pas dit son dernier mot. Selon les données Kantar 2024, 52 % des listeurs français utilisent encore le papier comme support principal. Mais la tendance s’inverse rapidement chez les moins de 45 ans.

Voici la répartition des supports utilisés en 2025/2026 :
- Papier (feuille libre, carnet, post-it) : 52 % des utilisateurs
- Application dédiée (Bring!, Listonic, Our Groceries, Jow) : 22 %
- Notes du téléphone (Apple Notes, Google Keep, mémo natif) : 18 %
- Application enseigne (Carrefour, Leclerc, Auchan) : 5 %
- Assistant vocal (Alexa, Google Home) : 3 %
L’application dédiée gagne du terrain : elle était utilisée par seulement 12 % des Français en 2020, contre 22 % en 2025. Les fonctionnalités les plus plébiscitées ? Le partage familial (cité par 68 % des utilisateurs d’applis), le classement par rayon (54 %) et les suggestions automatiques basées sur l’historique (41 %).
Fait notable : les utilisateurs d’applications font leurs courses 15 % plus vite en magasin que les utilisateurs papier, selon une étude de l’université de Bath publiée en 2022. La raison ? Les articles sont souvent classés par rayon, ce qui évite les allers-retours.
Liste de courses et gaspillage alimentaire
L’ADEME (Agence de la transition écologique) estime que chaque Français jette en moyenne 30 kg de nourriture par an, dont 7 kg encore emballés. Un gâchis qui représente environ 100 € par personne et par an.
Or, la liste de courses est identifiée comme l’un des leviers les plus efficaces pour lutter contre ce phénomène. Une étude du programme national de prévention du gaspillage alimentaire montre que les foyers qui planifient systématiquement leurs repas et listent leurs achats réduisent leur gaspillage de 40 % par rapport aux foyers qui ne planifient pas.
Le mécanisme est simple : quand on sait ce qu’on va cuisiner dans la semaine, on achète les bonnes quantités. Plus de salade qui flétrit dans le bac à légumes parce qu’on l’avait achetée « au cas où ». Plus de yaourts périmés au fond du réfrigérateur parce qu’on en avait déjà.
Cette logique de planification va de pair avec le batch cooking : préparer ses repas à l’avance oblige à lister précisément les ingrédients nécessaires. Résultat, moins de restes inutilisés et une meilleure conservation des aliments.
L’ANSES recommande d’ailleurs la planification des repas comme stratégie pour améliorer simultanément l’équilibre nutritionnel et réduire l’impact environnemental de l’alimentation. Préparer un menu de la semaine équilibré constitue la première étape d’une liste de courses vraiment efficace.
Ce que les Français mettent vraiment sur leur liste
Quels sont les produits qui figurent le plus souvent sur les listes de courses des Français ? Les données issues des applications de listes (agrégées et anonymisées) et des panels consommateurs donnent un aperçu fascinant.

| Rang | Produit | Fréquence d’apparition sur les listes |
|---|---|---|
| 1 | Lait | 73 % |
| 2 | Pain / baguette | 68 % |
| 3 | Œufs | 65 % |
| 4 | Beurre | 61 % |
| 5 | Fruits (bananes en tête) | 59 % |
| 6 | Légumes (tomates en tête) | 57 % |
| 7 | Fromage | 54 % |
| 8 | Pâtes | 52 % |
| 9 | Yaourts | 49 % |
| 10 | Poulet | 46 % |
Plusieurs observations intéressantes émergent de ces données :
- Les produits frais basiques (lait, œufs, beurre) dominent, ce qui confirme que la liste sert avant tout à ne pas oublier les essentiels
- Les féculents (pâtes, riz, pain) sont très présents car ce sont des produits de base qui se consomment vite
- Les produits d’hygiène et ménagers (papier toilette, lessive, liquide vaisselle) figurent sur 35 à 40 % des listes, mais sont souvent ajoutés « en urgence » plutôt que planifiés
Point intéressant : les produits transformés et ultra-transformés apparaissent deux fois moins souvent sur les listes écrites que dans les paniers réels. Ce qui suggère que ces achats sont davantage impulsifs, déclenchés par le packaging ou le placement en rayon. Les consommateurs qui souhaitent limiter les produits industriels dans leur alimentation, comme l’huile de palme, ont donc tout intérêt à s’en tenir à leur liste.
Différences régionales et culturelles
La France n’est pas uniforme dans ses habitudes de courses, et les statistiques régionales réservent quelques surprises.
Fréquence des courses
Selon les données Kantar Worldpanel, les Français font en moyenne 3,2 visites en magasin par semaine. Mais ce chiffre varie considérablement :
- Île-de-France : 3,8 visites/semaine (proximité des commerces, achats plus fractionnés)
- Grand Ouest (Bretagne, Pays de la Loire) : 2,6 visites/semaine (tradition du « gros plein » hebdomadaire en hypermarché)
- Sud-Est (PACA, Occitanie) : 3,5 visites/semaine (marchés de plein air, habitude culturelle de l’achat quotidien)
Logiquement, les régions où les courses sont moins fréquentes sont aussi celles où le taux de recours à la liste est le plus élevé. En Bretagne et Pays de la Loire, il atteint 86 %, contre 74 % en Île-de-France.
Marchés et circuits courts
Les consommateurs qui fréquentent les marchés de plein air (environ 30 % des Français y vont au moins une fois par mois selon FranceAgriMer) sont paradoxalement moins susceptibles d’utiliser une liste : seulement 61 % d’entre eux le font. L’explication ? Sur un marché, l’offre est visible d’un coup d’œil et l’achat se fait en fonction de ce qui est beau et de saison, pas d’un plan préétabli.
À l’inverse, le drive (click and collect) impose de facto une forme de liste puisque tout l’achat se fait en ligne. 97 % des utilisateurs du drive travaillent à partir d’une liste, même informelle, ce qui explique en partie pourquoi le panier moyen en drive est 12 % inférieur au panier en magasin physique.
Pour certains, les courses sont aussi un moment de plaisir. C’est ce que raconte Raphaël dans son témoignage sur la joie des courses : même avec une liste en poche, l’expérience en magasin peut rester agréable.
Évolution des pratiques depuis 2015
Les habitudes de courses des Français ont considérablement évolué en une décennie. Voici les grandes tendances qui ressortent des panels consommateurs et des études longitudinales.
L’effet inflation (2022-2024)
La crise inflationniste a constitué un tournant. Selon l’INSEE, les prix alimentaires ont augmenté de 21 % entre janvier 2022 et décembre 2023. Cette hausse brutale a poussé de nombreux foyers à adopter ou renforcer des comportements de planification :
- Le taux de recours à la liste est passé de 72 % en 2021 à 78 % en 2023
- La proportion de « listeurs stricts » a bondi de 22 % à 30 %
- Les recherches Google pour « liste de courses type » ont augmenté de 145 % entre 2021 et 2023
L’essor du numérique
En 2015, à peine 8 % des Français utilisaient une application pour gérer leur liste de courses. En 2026, ce chiffre atteint 22 %, porté par la démocratisation des smartphones et l’amélioration des applications. Les enseignes ont aussi développé leurs propres outils : les applications Carrefour, Leclerc et Auchan intègrent désormais des fonctionnalités de liste connectées au catalogue, aux prix et aux promotions en cours.
La montée en puissance de la planification des repas
La liste de courses ne se pense plus isolément. Elle s’inscrit dans une chaîne de planification qui commence par le menu de la semaine. Le CREDOC note que 45 % des Français planifient désormais leurs menus au moins partiellement, contre 31 % en 2016. Cette tendance est fortement corrélée à l’essor du batch cooking et des contenus de food planning sur les réseaux sociaux.
Fait marquant : les foyers qui combinent menu hebdomadaire + liste de courses + batch cooking déclarent un niveau de satisfaction alimentaire supérieur de 28 % à ceux qui improvisent au quotidien (étude OpinionWay pour Too Good To Go, 2023).
À retenir
- Préparez votre liste à partir d’un menu hebdomadaire pour maximiser les économies (jusqu’à 30 % de réduction du budget)
- Classez vos articles par rayon pour gagner 15 % de temps en magasin et éviter les oublis
- Adoptez la règle du « rien hors liste » pendant un mois pour mesurer l’impact sur votre budget
- Testez une application de liste partagée si vous êtes en couple ou en famille pour répartir la charge mentale
- Relisez votre liste en vérifiant vos stocks réels (réfrigérateur, placards) pour éviter les doublons et le gaspillage
Questions fréquentes
Quel pourcentage de Français fait une liste de courses ?
Environ 78 % des Français déclarent préparer une liste avant de faire leurs courses, selon les enquêtes IFOP et CREDOC les plus récentes. Ce taux monte à 84 % chez les familles avec enfants et atteint 89 % chez les plus de 60 ans.
Les études convergent vers une économie de 25 à 30 % sur le budget alimentaire. Pour un foyer de quatre personnes dépensant 650 € par mois en alimentation, cela représente environ 160 € d’économies mensuelles, soit près de 1 900 € par an.Combien économise-t-on en faisant une liste de courses ?
Selon l’INSEE, le budget alimentaire moyen est d’environ 385 € par mois et par ménage (hors restauration). Ce montant varie fortement selon la taille du foyer : environ 250 € pour une personne seule, 450 € pour un couple sans enfant et 650 € pour une famille de quatre personnes.Quel est le budget alimentaire moyen des Français ?
Les deux fonctionnent. Le papier reste majoritaire (52 % des utilisateurs) et convient parfaitement aux personnes qui font leurs courses seules. L’application est préférable pour les foyers de plusieurs personnes grâce au partage en temps réel, et permet de gagner du temps en magasin grâce au classement automatique par rayon.Papier ou application : quelle est la meilleure méthode pour sa liste ?
Oui, de manière significative. Les foyers qui planifient systématiquement leurs achats via une liste réduisent leur gaspillage alimentaire d’environ 40 % par rapport aux foyers qui n’en utilisent pas. L’ADEME identifie la planification des achats comme l’un des gestes anti-gaspillage les plus efficaces.La liste de courses réduit-elle vraiment le gaspillage alimentaire ?
En moyenne 3,2 fois par semaine selon Kantar Worldpanel, mais ce chiffre varie selon les régions : 3,8 en Île-de-France (achats fractionnés), 2,6 dans le Grand Ouest (tradition du plein hebdomadaire) et 3,5 dans le Sud-Est où la culture du marché quotidien reste vivace.Combien de fois par semaine les Français font-ils leurs courses ?